Demandez à vos invités ce dont ils se souviennent après une semaine aux Baléares : pour certains, une nuit agitée au mouillage en fera partie. Beaucoup des meilleurs mouillages des îles sont exposés à la houle dans au moins une direction, et la brise thermique de l'après-midi (embat) peut lever une houle de travers qui fait rouler le yacht jusque tard dans la soirée.
Les stabilisateurs à vitesse nulle rendent ces mouillages confortables. C'est aussi un système facile à oublier, jusqu'à ce qu'il cesse de fonctionner.
En navigation et à vitesse nulle
En navigation, un aileron stabilisateur fonctionne comme une petite aile. La vitesse du yacht crée un écoulement autour de l'aileron et, en modifiant son angle, le système de commande génère une portance vers le haut ou vers le bas pour contrer le roulis. Il nécessite relativement peu d'effort, car l'eau est déjà en mouvement.
Au mouillage, il n'y a pas de vitesse d'avancement, donc pas d'écoulement à exploiter. Un système à vitesse nulle génère sa force différemment : il déplace rapidement l'aileron dans l'eau, comme une pagaie, et la réaction de l'eau ainsi déplacée s'oppose au roulis. Cela demande davantage de puissance, des mouvements plus rapides et des ailerons conçus pour cet usage. C'est pourquoi la fonction à vitesse nulle est généralement prévue dès l'installation du système, plutôt qu'ajoutée par la suite.
Certains fabricants ont conçu leurs ailerons dans ce but. Les Vector Fins incurvés de Sleipner, par exemple, sont conçus pour fonctionner aussi bien au mouillage qu'en navigation.
Systèmes hydrauliques et électriques
Les systèmes hydrauliques sont la norme depuis des décennies. Chaque aileron est actionné par des vérins hydrauliques ou un actionneur rotatif, alimentés par une centrale hydraulique. En navigation, la pompe est souvent entraînée par un moteur principal. Au mouillage, une pompe électrique prend le relais, ce qui signifie que le groupe électrogène doit fonctionner et disposer de la puissance nécessaire. ABT-TRAC et Naiad Dynamics proposent tous deux des systèmes hydrauliques éprouvés, y compris à vitesse nulle.
Les systèmes électriques déplacent l'aileron au moyen d'un moteur électrique et d'un variateur, sans huile hydraulique. Ils tirent leur énergie du réseau électrique du yacht et comportent moins d'éléments susceptibles de fuir. Les stabilisateurs à ailerons électriques de CMC Marine en sont un exemple de référence, et Sleipner comme ABT-TRAC proposent également des systèmes électriques.
Les deux types nécessitent un bon système de commande : des capteurs de mouvement qui mesurent le roulis, et un contrôleur qui détermine comment chaque aileron doit se déplacer, plusieurs fois par seconde.
Les pannes les plus courantes
- Les ailerons ne se recentrent pas ou le système ne s'allume pas. Défaut de capteur ou de commande, pression hydraulique insuffisante, ou problème de retour de position d'un aileron.
- Alarmes de température d'huile sur les systèmes hydrauliques. Débit d'eau de mer réduit dans le refroidisseur d'huile, niveau d'huile bas, ou composant travaillant plus qu'il ne devrait.
- Claquement au niveau des ailerons. Usure des paliers ou des articulations d'actionneur, ou jeu dans l'arbre d'aileron.
- Huile près d'un aileron ou dans la cale à proximité d'un actionneur. Un joint ou une durite fuit.
- Le mode à vitesse nulle ne s'enclenche pas. Sur les systèmes hydrauliques, il s'agit souvent de la pompe électrique ou de son alimentation. Sinon, d'un verrouillage de commande.
- Réduction du roulis moins efficace qu'avant. Réglages d'étalonnage ou de gain, pression insuffisante, ou ailerons encrassés ou endommagés.
Entretien
Suivez toujours le programme d'entretien du fabricant, généralement établi selon les heures de fonctionnement et le temps écoulé. En pratique, l'entretien se répartit en trois niveaux.
Au quotidien (équipage)
- Vérifiez autour des actionneurs et dans la cale près de chaque aileron qu'il n'y a pas d'huile.
- Notez tout message d'alarme, même s'il disparaît de lui-même.
- Soyez attentif à tout nouveau bruit lorsque le système fonctionne.
Chaque saison
- Huile hydraulique et filtres, selon les intervalles du fabricant.
- Nettoyez le circuit eau de mer du refroidisseur d'huile, comme pour tout autre système refroidi par eau de mer.
- Contrôlez les accumulateurs lorsqu'ils sont installés.
- Lancez l'autotest et examinez le journal des défauts avec un technicien.
À la mise au sec
- Inspectez les ailerons pour détecter les dommages et les salissures, et contrôlez le jeu des arbres.
- Inspectez ou remplacez les joints et paliers des arbres d'ailerons.
- Appliquez l'antifouling sur les ailerons en même temps que sur la carène, conformément aux recommandations du fabricant.
Le remplacement des joints et des paliers exige normalement que le yacht soit hors de l'eau. Il est donc préférable de le prévoir avec l'antifouling et les autres travaux sous la ligne de flottaison, afin de ne sortir le yacht de l'eau qu'une seule fois.
Un dernier conseil
Si vous passez la plupart de votre temps au mouillage, les performances à vitesse nulle comptent davantage que les performances en navigation. Vérifiez la partie à vitesse nulle avant la saison : la pompe électrique d'un système hydraulique et son alimentation, ou les variateurs d'un système électrique. Vérifiez également que le groupe électrogène peut alimenter les stabilisateurs en même temps que la climatisation lors d'un après-midi chaud.
Nous assurons l'entretien des stabilisateurs Naiad Dynamics, CMC Marine, ABT-TRAC et Sleipner, hydrauliques et électriques, dans toute Majorque et les Baléares. Consultez notre page consacrée à l'entretien des stabilisateurs ou réservez en ligne.
